Fièvres de Hicham Ayouch : Compétition long-métrage

A Ouagadougou, lorsqu’on prononce le nom Ayouch, les cinéphiles pensent immédiatement  à Nabil, dont le film Ali Zaoua, prince de la rue (Etalon d’Or de Yennenga 2001) retraçait avec humanité et poésie le quotidien d’enfants de la rue au Maroc. Pourtant, derrière le nom Ayouch se trouve un autre cinéaste. Il s’agit d’Hicham, son frère, en compétition cette année avec Fièvres, son troisième long-métrage. 

Fièvres de Hicham AyouchTourné en France avec les acteurs Didier Michon (Benjamin) et Slimane Dazi (son père) – tous deux primés pour leur interprétation au Festival international du film de Marrakech 2013 au Maroc – Fièvres raconte la vie d’un pré-adolescent fugueur qui chamboule la vie de son père et de ses grands-parents. 

Enfant de l’immigration, le père de Benjamin ne gagne pas bien sa vie et habite toujours ses parents. Des parents retraités, qui s’aiment, rêvent de repartir au pays où le père a fait construire une maison, et accueillent par devoir (donc, malgré eux) ce trublion qu’est leur petit fils.

Benjamin, lui, renferme une colère épatante : contre ses parents et ses grands-parents, contre les adultes et contre toute forme d’autorité, il pète, insulte, fume et taggue les murs avec autant de désinvolture que de provocation.

Car Benjamin traîne un mal-être puissant auquel rien ni personne ne semble trouver remède, si ce n’est un poète reclus dans une caravane (Tony Harrison) qui, vivant à l’écart de la société, poétise le monde, et un oncle handicapé, qui, coupé de ce(ux) qui l’entoure(nt), dégage une douceur et une naïveté enfantine.

Fievres_portrait_w193h257S’il y a eu, en France, de nombreux films tournés dans les cités où furent parqués les immigrés appelés à venir travailler comme main d’œuvre, il est heureux de voir qu’une nouvelle génération de cinéastes, issus d’une double culture, s’empare de caméras pour raconter des histoires.

Des histoires qui dépeignent, en creux, le mal-être de ceux qui vivent entre deux mondes et, en image, la poésie et la dureté de ces relations familiales intergénérationnelles entre ceux nés « là-bas », ceux ayant toujours vécu « ici », et ceux souhaitant se projeter bien au-delà.

Claire DIAO
ASCRIC-B

Fièvres de Hicham Ayouch –

France / Maroc –

90min
Dim 1er mars à 22h30 au Ciné Burkina,

Mer 4 mars à 22h30 au Ciné Neerwaya.

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