Les critiques burkinabè instituent un festival national de cinéma pour encourager la production de films de qualité

L’Association des critiques de cinéma du Burkina Faso (ASCRIC-B) a annoncé lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 07 octobre 2011 l’organisation de la 2ème édition de la Semaine de la critique cinématographique de Ouagadougou (SECRICO) / Festival du cinéma burkinabè. Elle se tiendra du 12 au 14 octobre 2011. Après le succès de la première édition organisée en octobre 2010, dans le cadre du cinquantenaire de l’indépendance du Burkina pour célébrer les cinquante ans du cinéma burkinabè, l’Association des critiques du Burkina a opté – à partir de cette année – d’estampiller la SECRICO 2011 comme Festival du cinéma burkinabè.

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Le thème de cette 2ème édition est « Cinéma burkinabè : la qualité artistique en question. Quels choix esthétiques et artistiques pour un renouvellement créatif ? ».

Le choix de ce thème n’est pas anodin. En effet, lors de la création de la SECRICO en 2010, l’ASCRIC-B soulignait que depuis une dizaine d’années, le cinéma burkinabè est à la croisée des chemins. « La reconnaissance internationale du cinéma burkinabè assurée jadis par les films d’auteur des années 80 l’est aujourd’hui par les séries populaires célèbres sur le petit écran et réalisés pour la plupart par des non-professionnels. De fait la qualité des films burkinabè, le statut du cinéaste et les contraintes liées au financement de la production ne cessent de faire débat », a rappelé Clément TAPSOBA le Président de l’ASCRIC-B.

A l’analyse de l’état actuel du cinéma burkinabè, l’on constate qu’en dépit d’une production relativement foisonnante et mis à part l’auréole d’antan dont continue de jouir certaines figures du cinéma burkinabè, celui-ci a cessé d’être une référence en termes de qualité, artistiquement et esthétiquement.

La place occupée par les films burkinabè sur l’échiquier africain et mondial depuis les années 90 en est assez illustratif : après Tilaï d’Idrissa OUEDRAOGO (1991) et Buud Yaam de Gaston KABORE (1997), l’Étalon de YENNENGA n’a plus galopé au Faso ; depuis 1997, plus aucun film burkinabè (hormis Kini et Adams de Idrissa OUEDRAOGO) n’a été sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes (exception faite des sélections dans les sections parallèles : quinzaine des réalisateurs, un certain regard, semaine de la critique entre 1997 et 2005) ; au FESPACO 2011, aucune des 8 séries burkinabè en compétition TV-vidéo n’a reçu les faveurs d’aucun des jurys.

L’ASCRIC-B explique la baisse de qualité des films burkinabè, entre autres, par « l’indigence et le manque d’originalité des scénarios marqués par l’incohérence des récits, des formes narratives plus télévisuelles que cinématographiques, les castings complaisants et moins-disant, l’absence d’une véritable collaboration artistique associant de talentueux musiciens, décorateurs, ingénieurs de son…, la mauvaise direction d’acteur, le mauvais traitement filmique, etc. ».

Les critiques de cinéma du Burkina invitent, à l’occasion de cette 2ème SECRICO, les cinéastes, les décideurs et l’ensemble des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel à approfondir les réflexions sur les raisons de la déliquescence de la qualité des films burkinabè afin d’envisager des pistes pour la production de films de qualité à travers une table ronde consacrée au thème du festival.

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Plusieurs activités sont au programme de cette édition.

Outre la table-ronde sur le thème regroupant le 12 octobre l’ensemble des acteurs de l’activité cinématographique, un atelier de formation des critiques burkinabè se déroulera du 12 au 14 octobre. Cet atelier permettra aux critiques burkinabè d’alimenter les pages de deux quotidiens du Burkina, L’Observateur Paalga et Sidwaya, dans le cadre d’un partenariat  avec ces deux organes.

Le programme des projections, qui se tiendront au CENASA, mettra l’accent sur les films burkinabè réalisés entre 2009 et 2011.

Le clou des manifestations sera la grande nuit du court métrage burkinabè, le vendredi 14 octobre de 21h à l’aube, qui sera consacrée à la projection d’une trentaine de courts métrages burkinabè, réalisés également au cours de cette période. Une attention particulière sera réservée, dans le cadre de la section Perspective du jeune cinéma burkinabè, aux films de jeunes réalisateurs burkinabè issus des écoles de formation.

Une soirée Gala sera organisée le jeudi 13 en hommage à l’un des doyens des comédiens burkinabè, Joseph TRAORE, pour l’ensemble de ses œuvres. Au cours de cette soirée, un court métrage inédit de Idrissa OUEDRAOGO sera projeté en avant-première.

A noter également la soirée destinée aux scolaires et Ciné-clubs le jeudi 13 à partir de 16h.

La Semaine de la critique cinématographique de Ouagadougou (SECRICO) / Festival du cinéma burkinabè est une manifestation cinématographique organisée par l’ASCRIC-B (membre fondateur et membre actif de la Fédération africaine de la critique cinématographique, FACC) dans le cadre de ses activités.

L’ASCRIC-B – qui entend promouvoir un cinéma de qualité – compte déjà à son actifs depuis sa création en 2003, l’organisation régulière des ateliers de formation des critiques africains en partenariat avec la FACC lors des éditions du FESPACO, l’animation d’un ciné-club chaque fin de mois à l’Institut français de Ouagadougou, l’animation des débats forums du FESPACO, etc.

La SECRICO est annuelle et se tient pour coïncider avec la célébration de la journée du cinéma africain instituée le 12 octobre de chaque année par l’Union africaine et la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI).

Aboubakar SANFO

 

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